Ingénieusement
conçu par mon mari, mon castelet rouge démontable est léger,
se déplace sur des roulettes ; il occupe peu de place
pour une hauteur totale de 1.85 m, une profondeur de 0.30 m et une
largeur de 1.20 m. Ce sont les rideaux de velours rouge qui lui
donnent de l’ampleur. Il a son propre éclairage. Moi-même,
je suis cachée derrière un voile ; je travaille à
voix nue.
Depuis le festival 2008, je travaille aussi avec un nouveau
castelet noir, plus grand, plus élégant, idéal pour les grands
occasions !!!
Les
spectacles pour jeunes enfants Je
crée la plupart des spectacles que je monte. Il m’arrive de
les écrire sur commande, suite à une discussion avec un
animateur ou instituteur qui aimerait me voir aborder tel ou tel
sujet. Si besoin est, je
fabrique de nouvelles marionnettes, un nouvel élément
de décor.
Les
deux pièces : « Mon
papa, jardinier du monde »
et « La
sorcière se marie ( Message de deux fleurs.) » sont accompagnées d’une altiste, Chantal Détraz, interprétant, entre autres, des morceaux de Bach, Schumann,
Schubert, Marin Marais.
La Troupe Stella Rossa ... Elle regroupe la Directrice et ses quatre-vingt "comédiens" (marionnettes) de tous âges, de toutes origines,
y compris de l’au-delà (neuf fantômes),
du monde fantastique
(deux lutins, deux sorcières, dont une dite des
Forêts,
trois ogres, dont un dit des
Potagers).
Sans distinction de classes, sans préjugés ni privilèges,
bannissant les communautarismes,
mêlant brouillonnement rois,
reines, voleurs, pharaons, concierges, filles de derviches tourneurs,
toreros, souricettes, eunuques, loups, mémés, chatons,
Pères
Noëls, gardiens de torils, Argans, Toinettes, pythonisses et j’en
passe...
Tous travaillent avec acharnement, pour votre plaisir,
sous le
regard acéré et peu enclin à la clémence de La Directrice.
Mais
tous la chérissent car ils savent qu’ils lui doivent la vie.
Ils
vous présentent avec l’énergie du désespoir
(revers de médaille
de l’enthousiasme qu’ils ont chevillé à leur corps de chiffon),
des piécettes et des vraies pièces, écrites ou adaptées par La
Directrice,
jouées dans deux castelets traditionnels :
soit le
castelet rouge – si petit qu’il se glisse jusque dans une chambre
d’enfant ...
soit le noir, plus élégant, plus grand, que l’on
sort pour les grandes occasions...
Une partie des "comédiens" ...
Aquafortiste
et
marionnettiste
Je
finissais mon spectacle pour adultes, de Pierre Cami. Accroupie
sur le sol, je rangeais mes marionnettes dans la valise. Quelques
inconnus, debout, dont je ne voyais que les jambes, me regardaient
faire avec curiosité.
Etait-ce
le fait d’être par terre ? Le fait de manipuler des
marionnettes, le fait d’être observée en
silence ? Tout
cela recréait un monde ancien, cet espace clos de l’enfance. J’avais
des jouets plein les mains ! Les autres, qui
regardaient, c’était
comme s’ils me disaient :
"Tu
me les prêtes ? Je peux voir ? Je peux jouer avec
toi ?"
Sous
leur regard, je prenais conscience qu’en créant mes
marionnettes je m’étaisfabriqué mon
premier outil de travail. Je
m’étais offerte mes derniers jouets.
Je
manipulai alors les marionnettes avec plus de tendresse. Je démontai
le castelet avec soin : jamais
je ne mourrai de faim avec eux. J’aurai
toujours du travail par le biais de mes outils. Toujours
du rêve grâce à mes jouets.
Aujourd’hui,
je sais que je ne fais pas de la gravure pour « être
comprise », pour « communiquer »
mieux que je
ne saurais le faire avec des mots.
C’est
même exactement le contraire : mes eaux-fortes, mes
dessins, n’ont de raison d’être que s’ils
me garantissent le secret le mieux gardé.
La
gravure, c’est d’abord quelque chose entre moi et moi. Nulle
fièvre à exposer, nulle envie d’être publique. Aux
antipodes de l'anecdote, c’est de mes entrailles dont il s’agit.
Y a-t-il quelque chose à comprendre à cela ? Au
besoin de voir qui on est ? Un
autre que moi regarde mon estampe : j’ai envie de les laisser
seuls. Il l’aime : c’est mon ami.
Il
en va, bien sûr, tout autrement avec mes spectacles. Ils
s’apparentent à la caresse, tiennent du baiser. Surtout
lorsque ce sont des enfants quiregardent.
J’aime bien les inquiéter et les
materner tout
à la fois.
Mes
histoires, c’est comme si je disais, avec beaucoup plus de mots et
de personnages : « Hein,
c’est vrai ? »
J’aimerais
que chacun de mes spectacles soit un moment où nous mettons en
commun tout ce qui est bon en nous. Croire
que, si on y rit, c’est de la joie qu’on éprouve à
être ensemble, côte à côte. La
voix, c’est la voie royale pour consoler, attendrir, galvaniser ! Le
théâtre, puisque les marionnettes sont, pour moi, autant
de comédiens que je mets en scène, est le
lieu où va vivre ma sociabilité.
Costanza Solari, la Directrice ...
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